L’azuré, le serpolet et la fourmi

L’azuré du serpolet (Phengaris arion) est l’un des insectes emblématique de la réserve naturelle, et ayant justifié son classement. En 2018, les gestionnaires ont réalisé une étude sur le fonctionnement des populations d’azuré en lien avec ses hôtes.

Azuré du serpolet

L’azuré du serpolet est un insecte lépidoptère faisant partie de la famille des Lycénidés. Cette espèce s’observe généralement sur les pelouses sèches rases, les prairies maigres, les friches herbeuses et les ourlets, ainsi que dans les lisières et bois clairs.

Le développement larvaire de cette espèce est complexe. Elle pond sur les inflorescences de thym (Thymus pulegioides et T.praecox) et d’origan (Origanum vulgare) ; la croissance de la jeune chenille s’y déroulera jusqu’à son deuxième stade. Puis elle se laissera choir au sol où elle sera récupérée par des fourmis du genre Myrmica (espèce sabuleti principalement) qui la nourriront de leur couvain, à l’intérieur de la fourmilière, jusqu’à son complet développement. C’est ici aussi que se déroulera la nymphose d’où émergera l’imago, l’été suivant.

Cette espèce est donc inféodée aux lieux où se trouve sa plante hôte et les fourmis qui l’hébergent. Le domaine vital de ses fourmis est très restreint car elles ne s’éloignent que rarement plus de deux mètres de leur fourmilière pour la recherche de nourriture.

cycle de l'azuré du serpolet

Cycle de l’Azuré du Serpolet – Illustration © F. Dellerie

Dans le cadre du premier plan de gestion de la réserve naturelle (2012-2016), plusieurs inventaires ont permis d’améliorer les connaissances sur la répartition de l’azuré et ses capacités de dispersion. Toutefois, les gestionnaires ne disposaient d’aucune information sur la présence des fourmis du genre Myrmica.

Protocole our l'azuré du serpolet

Mise en place du protocole de terrain © FNE Loire

En 2018, des inventaires spécifiques sur les fourmis ont donc été menés sur des prairies sèches du secteur des Habiélés. Des prélèvements de l’année 2016 sur le secteur du Mousset ont également été analysés.

Protocole our l'azuré du serpolet

Mise en place du protocole de terrain © FNE Loire

Les résultats obtenus ont permis d’observer que les densités de fourmis sur ces deux sites sont très variables allant d’environ 1 nid/100m² à 6 nids/100m². Certaines parcelles abritent donc des densités suffisantes de fourmilières pour assurer la préservation des populations d’azuré du serpolet sur long terme. D’autres parcelles semblent accueillir une densité de fourmilières insuffisantes et ne permettent donc d’accueillir que des populations secondaires d’azuré du serpolet.

 

Suite à la mise en lumière de ces résultats, les gestionnaires vont pouvoir définir de nouvelles conditions d’exploitation sur la réserve naturelle en lien avec les agriculteurs locaux : pâturage ovin extensif, zones refuges et protection des parcelles, création de lisières, etc.

paturage à ovin

Pâturage ovin extensif sur les prairies à Azuré du Serpolet © Cyril Forchelet

logo antareaCette étude a été menée en collaboration avec l’association Antarea qui a réalisé la détermination des échantillons prélevés sur site.