Pourquoi une réserve?

Des milieux naturels hétéroclites

Mousset_JBBLa réserve est représentative de la diversité biologique des gorges de la Loire. Elle se  caractérise par un ensemble de milieux naturels très diversifié, qui en fait sa spécificité.

Les gorges encaissées surplombées des plateaux agricoles, la diversité des expositions, au soleil, au vent et à l’hygrométrie, la spécificité d’un climat continental aux influences méditerranéennes et atlantiques permettent l’expression de milieux naturels très différents.

La chênaie et la pinède des sols secs et chauds s’opposent à la hêtraie des versants nord et aux bois humides des bords de Loire ou de ruisseaux. La lande à genêt et à callune voisine les pelouses des parties sommitales, percées par quelques éperons rocheux.

Cette juxtaposition d’habitats naturels sur une surface restreinte (forêts, landes, prairies, pelouses, falaises et dalles rocheuses) permet la présence d’un grand cortège d’espèces végétales et animales dont certaines sont exceptionnelles.

Des espèces rares et protégées

oeillet du granite

Oeillet du granite

Parmi les plantes remarquables qui ont justifiées le classement en réserve, figurent notamment l’oeillet du granite, endémique du Massif Central, la petite fougère doradille du forez; le nombril de vénus et l’asarine couchée sont quant à elles de petites plantes poussant dans les interstices des rochers.

Milan royal

Milan royal

La diversité des biotopes, l’inaccessibilité de certaines zones, le rôle de couloir de migration et la présence du plan d’eau de Grangent font des gorges de la Loire, un site ornithologique exceptionnel. Plus de 100 espèces ont été recensées. On y trouve des rapaces prestigieux comme le rare milan royal et son cousin le milan noir, le circaète Jean-le-Blanc mangeur de reptiles ou le hibou grand-duc, emblème de la réserve.

carabe hispanique

Carabe hispanique

Côté insectes, les gorges abritent de vraies raretés. On peut rencontrer le petit papillon bleu azurée du serpolet dont le cycle de vie est extraordinaire ou le coléoptère lucane cerf-volant qui aime les vieux chênes et dont les mandibules du mâle peuvent atteindre des proportions spectaculaires. La réserve accueille également le carabe hispanique, un coléoptère qui se nourrit de vers ou de limaces.

Chauve-souris barbastelle

Barbastelle d’Europe

Mammifères, reptiles et amphibiens viennent compléter ce riche patrimoine naturel. On dénombre, par exemple, une dizaine de chauve-souris sur les 34 que compte la France. Elles sont souvent protégées au niveau national car leur effectifs sont en forte régression du fait d’activité humaines qui leurs sont défavorables.

Une évolution menacée des milieux

Le site des gorges de la Loire est exposé à plusieurs menaces qui ont justifiées, au-delà de l’intérêt écologique, le classement en réserve naturelle :

  • Les changements d’occupation du sol et la pression foncière en secteur péri-urbain qui sont à l’origine de la création de la Réserve Naturelle Volontaire en 1988.
  • L’importante fréquentation du site et les usages impactant l’environnement (feux, circulation motorisée, etc.).
  • L’abandon des pratiques agricoles traditionnelles et la déprise des terrains les moins facilement exploitables, à l’origine de la dynamique de fermeture par boisement spontané, conduisant à une homogénéisation des milieux naturels.