Gestion des milieux

Pourquoi gérer ?

Certaines espèces se distinguent des autres par leur rareté, par leur inscription dans les listes d’espèces protégées sur le territoire national, d’intérêt communautaire à l’échelle européenne ou encore sur les listes rouges d’espèces menacées de disparition.

Ces espèces sont souvent inféodées à des milieux naturels spécifiques, qu’on appelle justement des « habitats » naturels. Pour protéger les écosystèmes et les espèces remarquables, il est parfois nécessaire de maintenir ou de restaurer des habitats.

Mais notons que par opposition à une gestion active de la biodiversité, la Réserve laisse place à l’expression de la nature spontanée et à la non-intervention sur certains milieux, qui constituent une autre forme de gestion.

Gestion de la végétation des dalles rocheuses, des landes, des pelouses et des prairies

Queret_JBBLes milieux dits « ouverts » tels que les pelouses et les prairies naturelles jouent un rôle déterminant dans le maintien de la biodiversité locale, en particulier pour la flore et les insectes. Jusqu’au milieu du XXème siècle, le paysage des gorges de la Loire a été façonné par les pratiques agro-pastorales traditionnelles (cultures en terrasses sur les coteaux et les plateaux, pastoralisme, vergers).

Ces milieux ouverts tendent, d’une part, à disparaître sous l’effet de la déprise agricole et du boisement spontané des milieux, et d’autre part, se dégradent en cas de pratiques agricoles intensives (fertilisation, drainage, suppression des haies, etc.).

Les objectifs du plan de gestion 2012-2016 reposent sur le maintien ou la restauration des landes, des prairies ou pelouses. Cette gestion repose essentiellement sur les actions suivantes :
– des travaux d’entretien (ouverture par gyrobroyage, bûcheronnage et débroussaillage),
– le maintien d’une agriculture extensive (entretien des parcelles par fauche et pâturage).

Certaines zones sont aussi laissées volontairement à leurs dynamiques naturelles pour permettre à une nature authentique et sauvage de s’exprimer. Les friches, les lisères, les zones embroussaillées et arbustives diversifient les milieux et sont des sites d’accueil pour un bon nombre d’espèces.

Gestion des forêts

La mise en place de zones de protection renforcée de la forêt et d’îlots de sénescence visent à favoriser les peuplements d’arbres âgés.

arbres-cavites

Dans ces zones, les forêts sont laissées pour la plupart en évolution naturelle, c’est-à-dire, exemptes de toute exploitation et intervention sylvicole sauf celles liées à la sécurité du public.

Les vieux arbres et les arbres morts ou dépérissants appartiennent à un écosystème forestier équilibré, et leur présence se révèle être un support de biodiversité étonnamment riche. Bactéries, protozoaires, coléoptères, mousses, lichens et champignons, sont tributaires de ces milieux.
Enfin, le bois mort est aussi une source de micro-habitats variés comme par exemple les abris formés par l’accumulation de bois au sol ou les cavités aériennes. De nombreuses espèces d’oiseaux et d’insectes ou encore les chauves-souris se servent de ces habitats pour s’abriter et se reproduire.

Gestion des mares

grenouille-agile-yves-thonnerieuxA l’interface entre milieux terrestres et aquatiques, les mares sont foisonnantes de vie (libellules, grenouilles, crapauds, gastéropodes, plantes aquatiques,  etc.). Elles possèdent de nombreuses fonctions aussi bien hydrologiques que biologiques. Elles représentent un élément important pour le déplacement de certaines espèces comme les amphibiens.

Les mares et autres zones humides sont victimes de l’abandon des pratiques anciennes et de leurs usages. Aujourd’hui, la plupart manque d’entretien et se comble progressivement.

La première phase consiste à réaliser un inventaire des milieux aquatiques présents sur la Réserve et d’évaluer leur qualité écologique. Ensuite, des travaux d’entretien et de restauration pourront être menés pour rétablir les fonctionnalités écologiques des mares dégradées.