Les prairies

Noirie_ECLes milieux naturels de la réserve sont marqués par une dynamique de colonisation des ligneux (arbustes et arbres) sur les milieux herbacés, se traduisant par une réduction de la surface de milieux dits « ouverts » du type prairies et pelouses, au profit de milieux dits « fermés » essentiellement constitués de fourrés et forêts.

Ce phénomène s’explique par la déprise agricole qui à touché ces terres dès la moitié du XIXème siècle. La construction du barrage dans les années 1950 a eu raison des dernières petites fermes isolées.

Les prairies sèches ne représentent plus qu’à peine 2 % du territoire et l’un des enjeux principaux des gestionnaires visent à maintenir cette surface, voire de l’augmenter : certaines sont remarquables et accueillent des espèces qu’on ne trouve pas ailleurs.

 

 

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Azuré du Serpolet – © M. Villemagne

Parmi ces espèces, l’azuré du serpolet est un petit papillon bleu qui a besoin des fleurs du thym serpolet et d’une espèce de fourmi pour vivre. Une fois fécondée, la femelle va pondre ses œufs sur le thym serpolet. Après l’éclosion, la chenille se nourrit des fleurs, puis se laisse tomber au sol. Là, ses sécrétions sucrées attirent des fourmis de l’espèce Myrmica sabuleti, qui saisissent l’opportunité et la transportent dans la fourmilière. Jusqu’à sa transformation en chrysalide, elle sera soignée par ses hôtes et alimentée avec leurs larves.

 

 

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Sur la réserve naturelle et les prairies aux alentours, on ne trouve l’azuré que sur quelques prairies sèches bien préservées grâce à des pratiques agricoles traditionnelles. Et on ne compte pas plus que quelques dizaines d’individus selon les années. Ce papillon est fortement menacé à l’échelle nationale et européenne. Dans le département de la Loire il est aujourd’hui très rare, puisque seules deux ou trois sites sont connus.