Poursuite du réaménagement des anciens tunnels ferroviaires en faveur des populations de chiroptères

La Réserve naturelle des gorges de la Loire est un des secteurs remarquables du département de la Loire de par sa richesse naturelle et ses paysages exceptionnels. Elle est constituée d’une mosaïque de milieux naturels et anthropiques favorable à nombre d’espèces et notamment aux chiroptères, ces petits mammifères également appelés chauves-souris.

En rive droite du fleuve, une ancienne voie ferrée a entrainé le percement de plusieurs tunnels maintenant désaffectés voire pour certains inondés. Deux de ces tunnels présents dans le secteur sud de la réserve naturelle entre le Pertuiset et la Noirie, accueillent des chiroptères en hiver et sont suivis par les chiroptérologues ligériens depuis plusieurs années.

Dans le cadre du premier plan de gestion de la réserve naturelle (2012-2016), 16 espèces dont certaines d’intérêt communautaire, ont été recensées dans la réserve naturelle. Lors d’une étude menée en 2015 par la LPO Loire et la LPO Rhône-Alpes, des préconisations d’aménagements des deux tunnels ont été proposées, afin d’améliorer la tranquillité de ces sites ainsi que les potentialités d’accueil pour les chauves-souris, notamment pendant la période d’hibernation. Ces réaménagements ont été initiés en 2017 par les gestionnaires de la réserve naturelle (SMAGL et FNE Loire), en partenariat avec le Conservatoire d’Espaces Naturels (CEN) Auvergne :

  • au niveau du tunnel du Pertuiset, dit « à courants froids » : pose d’une grille sur l’entrée nord
  • au niveau du tunnel de la Noirie, dit « chaud » : pose d’une porte et deux grilles aux entrées sud et nord en remplacement d’anciennes hélices de ventilation

Les aménagements se sont poursuivis cette année à l’intérieur du tunnel du Pertuiset, dans le cadre du second plan de gestion de la réserve naturelle (2018-2022).

L’équipe technique de la réserve naturelle a procédé à l’installation de deux panneaux bois sur la moitié supérieure et toute la largeur de l’ouvrage. Ils sont espacés de 15 mètres de manière à créer un caisson où l’air chaud sera piégé (voir. photo ci-dessous). L’objectif de cet aménagement est de diversifier les conditions micro-climatiques au sein du tunnel. En effet, les différentes espèces de chauves-souris n’ont pas besoin des mêmes conditions de température et d’humidité pour hiberner. Les barbastelles (Barbastella barbastellus) par exemple, ont une grand tolérance aux basses températures et recherchent des gîtes frais, alors que les rhinolophes (Rhinolophus hipposideros et Rhinolophus ferrumequinum) recherchent des gites plus chauds et sans courant d’air.

Travaux d’installation du caisson et gîtes à chauves-souris à l’intérieur du tunnel du Pertuiset © Nelly Felter / SMAGL

Les suivis prévus dans les mois et années à venir, réalisés par le Groupe Chiroptères de Rhône-Alpes, permettront de vérifier l’efficacité des aménagements entrepris en faveur de la biodiversité et des chiroptères en particuliers.